Après avoir visité l’exposition de Walker Evans « Anonymous », le groupe s’est attelé au premier exercice de photographier des passants dans la rue à Saint-Gilles, non loin de la Porte de Hal.

Certains ont choisi un fond neutre déjà existant, devant lequel les passants déambulaient, étant averti au départ. D’autres ont essayé de saisir les personnes sur le vif,  à la « volée » sans se préoccuper de la question de l'uniformité du fond et de l’accord préalable du modèle.

Sur le terrain, les élèves ont constaté que les deux méthodes n’étaient pas aisées et que ce processus prenait du temps.

Au retour à l’atelier, nous avons effectué un choix serré des images et un travail de recadrage, accompagnés de discussions collectives.

La deuxième grande étape de l’atelier consistait à manipuler un Polaroid-SX-70 comme celui qu’utilisait Walker Evans à la dernière période créatrice de sa vie. Philippe Seynaeve, leur professeur en publicité et photographe spécialisé dans le Polaroid, a généreusement prêté les appareils de sa propre collection.

Les élèves devaient travailler en petits groupes par deux ou trois, partageant ainsi un appareil et deux-trois paquets de films. Les contraintes techniques et économiques se sont transformées en atouts, un nombre limité de photos et un travail collectif positif. L'exercice : trouver un modèle dans l’école et réaliser son portrait. Les élèves avaient une semaine pour effectuer les repérages « lumière » et « modèle ».

Puis nous sommes partis au marché aux puces de la place du Jeu de Balle pour photographier des objets et des traces par terre en complétant notre travail « à la manière de Walker Evans ».

Conquis par le projet, certains ont commencé à fouiller les caves et greniers de leurs parents et grand-parents à la recherche d’appareil Polaroid. Leur quête s’avérait souvent fructueuse et encore avec l’aide de Philippe Seynaeve, les appareils furent remis en état de marche.

Les élèves si enthousiaste tout le long de l’atelier, ont largement dépassé le cadre de l’exercice, en s’interrogeant sur la manière de prendre une photographie et en manipulant le Polaroid si fragile, directe et imprévisible.

 

« En dehors de l’exercice du Polaroïd, c’était la découverte d’endroits à Saint-Gilles. C’est inspirant. Cadrer en format carré, c’est intéressant. »

Lionel

« On est habitué au numérique et on mitraille. Avec le Polaroid, on visualise la bonne photo avant. Avoir des échecs, devoir attendre, cela m’a énormément plu. »

Miguel

« Le Polaroid était une révélation pour moi, je tremblais beaucoup pendant les prises de vues. Il y a un essai, pas deux. »

Ranja

« J’ai aimé le travail en groupe, cette expérience a renforcé nos liens dans la classe. »

Karim

« Je ne suis pas spécialement fan du Pola, mais j’aime l’objet physique de la photo qui sort de l’appareil. Tu l’as en main. »

Logan

Ecole: Institut Sainte-Marie, Saint Gilles

Classe: 7éme Publicité

Professeur: Philippe Seynaeve

Supervision artistique: Anja Hess


Dans le cadre de
Walker Evans